Le projet musical international «OPUS UNIVERSUM» (en latin «opus universum» signifie   «travail universel», «œuvre universelle», «toute une profession») réunit les musiciens dont le credo particulier, pour chacun d'eux, pourrait être exprimé par une phrase de l'acteur et metteur en scène théâtral Juozas MILTINIS : « Ne cherchez pas de nouveau à l'art, cherchez d'éternel ». Le recours aux choses éternelles – donc, toujours neuves – sous-entend la recherche spirituelle profonde et le courage des solutions créatrices; «toute une profession» est un mode de vie.

 

Le projet «OPUS UNIVERSUM» choisit le format de cycles de programmes. Le premier cycle deviendra celui de «Musique du Temps» et représentera aux programmes les tendances des époques et de différentes directions moins longues du point de vue temporel mais pas moins importantes et signifiantes. Dans les programmes la grandeur de baroque, la sveltesse de classicisme, les catégories romantiques de sublime sont réunies avec la direction qui était née de la sensation d'une impression momentanée et passée aux sciècles sous le nom d’ «impressionisme», le graphique et la géométrie de l'espace musical du XXème siècle s'associent avec la clarté de sensation du monde propre à l'école de la «nouvelle simplicité».

 

Les participants du projet sont, à prédominance, des jeunes professeurs du Conservatoire de Moscou – ses jeunes diplômés, lauréats des concours internationaux qui combinent leurs activités de concert en Russie et à l'étranger avec leurs activités enseignantes dans les murs de leur Alma Mater. Ce sont Anna YANTCHICHINA (violon), Eléna KORZHENÉVITCH (violon), Evguéniy ROUMIANTSEV (violoncelle), Eléna TARASOVA (piano), Miroslava FLORCHAK (soprano) /Pologne/, Nikolay AGEYEV (clarinette), quintette à vent du Conservatoire de Moscou «Modus Vivendi». On a invité à participer des lauréats des concours internationaux Serguey POLTAVSKIY (alto), Serguey SOUVOROV (violoncelle), Mikhaïl TOURPANOV (piano), Aleksey KOUDRIACHOV (piano), Olessia KRAVTCHËNKO (orgue). Les jeunes diplômés et doctorants du Conservatoire de Moscou Aïdana KARACHEVA (harpe) /Kazakhstan/, Xu KEHAN (piano) /Chine/ prendront part au programme final du cycle.

 

Tous les concerts du projet auront lieu à Moscou au Musée central de la culture musicale de l'Association des musées musicaux panrusse Glinka du 15 octobre au 23 décembre 2016.

La première présentation en Russie d’une oeuvre de Pascale JAKUBOWSKI (France) aura lieu dans le cadre du projet "Opus Universum".

L’oeuvre pour piano "Ellipses" avait été écrite par la compositrice spécialement pour le festival "Les Pianos Folies" (directeur du festival / concepteur: Yvan OFFROY; conseillère artistique: Nadejda OFFROY-SAKOVITCH) qui se déroule tous les ans au Touquet (France). La première mondiale de l’oeuvre a eu lieu le 17 août 2016, au festival "Les Pianos Folies".

La première russe aura lieu le 24 novembre 2016 dans le cadre du projet "Opus Universum".

 

 

                         

 

Pascale JAKUBOWSKI – Compositrice

pascalejakubowski.com

 

Pascale Jakubowski est née en Algérie. L’attachement à son pays natal, l’exil et les conflits l’incitent à élaborer une œuvre engagée, à tisser des liens entre différentes cultures. En France, elle étudie le piano, la clarinette et le chant. Au Conservatoire National de Région de Bordeaux, elle poursuit ses études en écriture, composition, analyse musicale et obtient la plus haute récompense.

 

Très tôt associée à des réalisations pluridisciplinaires, elle établit des correspondances entre des œuvres d’artistes plasticiens et sa palette sonore. Elle sculpte des sons concrets pour créer de nouvelles architectures musicales grâce à des outils qu’elle expérimente à l’IRCAM à Paris.

 

Pendant neuf ans, elle est chargée de cours d’analyse musicale et de composition auprès d’élèves et de professeurs d’Ecoles Nationales de Musique et de Conservatoires.

 

Puis elle se consacre entièrement à la création. Au cours de ses résidences en Bretagne, dans les Alpes de Hautes Provence et en Île-de-France, elle distille un peu d’utopie en concevant des partitions où se côtoient musique expérimentale et musiques du monde. En juin 2005, la SACEM lui décerne le Prix «Pierre et Germaine Labole».

 

Elle répond également à des sollicitations concernant l’aspect le plus singulier et le plus virtuose de son langage. Son œuvre pour piano, Alliance, a été sélectionnée au concours Dutilleux en 2004.

 

Son écriture atonale échappe à toute rigueur systémique. L’exploration des micro- intervalles et de la multiplicité des modes de jeu à l’instrument, le choix des architectures sonores et des couleurs orchestrales révèlent l’expressivité et la tenue d’un discours largement irrigué par d’autres formes d’art.

 

Ses œuvres font l’objet de commandes de l’Etat, de Radio France, de festivals, de départements, de solistes et d’ensembles instrumentaux. Elles sont créées aussi bien en France qu’à l’étranger.

 

Elle est actuellement professeur de composition au C.R.R. et à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.

Pascale Jakubowski                                                                                                     

 

"Ellipses"

Ellipses est une œuvre pour piano, commande de la Société Française des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique et du Festival International Les Pianos Folies du Touquet-Paris-Plage.

Je la dédie à Elena Tarasova qui l’a créée le 17 Aôut 2016 à l’Hôtel de Ville du Touquet-Paris-Plage. Je remercie sincèrement et chaleureusement Yvan Offroy, Directeur du Festival,  pour avoir permis cette belle rencontre.

 

Dans cette partition comprenant cinq pièces, j’ai voulu traduire l’émotion dense et l’admiration que j’éprouve depuis l’enfance pour l’œuvre de Frédéric Chopin tout en continuant à explorer le monde de la musique contemporaine.

 

Volutes (I) et Élégie (III) s’inspirent des quatrième et vingtième préludes de l’opus 28 de F.Chopin. Impromptu (V) fait référence à son quinzième nocturne, opus 55 n°1. Passerelle (II) et Irisation (IV), ancrées dans mon propre univers, s’intercalent entre ces trois pièces.

 

 

I-Volutes

 

Au tout début, je transforme l’appel en octave du quatrième prélude de Frédéric Chopin par un intervalle d’octave diminuée, plus tendu.

Ensuite, en pensant au contrepoint masqué qui soutient la mélodie, je fais évoluer les couleurs harmoniques progressivement, mais j’évite la répétition des accords.

Ces aspects techniques produisent une réminiscence. Pendant que le choix des intervalles et des polyphonies, issus de mon univers, de mon histoire, de ma mémoire, ouvre un espace actuel emprunt d’une forme de nostalgie.

 

III-Élégie

 

Le grand choral imposant et vibrant de Chopin, démarrant fortissimo pour disparaître dans un pianissimo, se transforme en une sorte d’accablement apaisé où le chagrin reste pourtant très vif. Ici, le rythme et le dessin mélodique peu modifié maintiennent le lien entre deux époques différentes. La superposition de hauteurs appartenant à des mondes éloignés amène une diffraction de cet espace qui sombre et disparaît dans les graves, accentuant les reliefs, l’impossibilité d’un retour.

 

V-Impromptu

 

La tension entre réminiscence du contour mélodique et ses légères inflexions, entre stabilité du rythme et exploration de hauteurs inscrites dans un espace atonal, nous permet d’aller de l’avant comme semble nous l’indiquer Chopin, tout en conservant l’attachement profond à nos amours passés.

 

II-Passerelle

 

Un mouvement perpétuel ascendant où la quinte domine, associé à  un mètre irrégulier,  donne à ces pages un aspect clair et dansant.

 

IV-Irisation

 

J’ai cherché dans cette pièce une vivacité (vélocité) tout en gardant une position naturelle de la main.

L’irisation du son est obtenue en superposant deux échelles très proches à la main droite et à la main gauche qui se chevauchent.

 

Si ces explications  permettent  sans doute  de mieux saisir la manière dont se créent des liens entre le passé et l’avenir, elles ne peuvent dévoiler complètement ni les raisons de l’émotion profonde face à la musique de Frédéric Chopin, ni le sens entier d’Ellipses. Les auditeurs effectueront en effet leur propre cheminement à travers cette partition qui résonnera de manière différente suivant les parcours de chacun. Au-delà de l’œuvre, c’est toute l’histoire d’un compositeur et le contexte dans lequel il évolue, effectuant parfois de longues migrations, que nous entendons et qui se mêle à notre propre histoire.

 

 

Pascale Jakubowski – le 2 septembre 2016

© 2016 OPUS UNIVERSUM. Все права защищены. В публикациях о проекте ссылка на официальный сайт обязательна.